LE CRI

juillet 18, 2024

HAB LE HIBOU ; IMAGE DE MA PHILOSOPHIE

  »  je dis, bon, uniquement la pensée philosophique présuppose une image de la pensée, un chronotope, un espace temps dans lequel retentissent des cris. Un point c’est tout. » Fin de citation ( Gilles Deleuze – Cinéma et Pensée cours 67 du 30/10/1984 – 2)

 

Quel est le CRI qui retentit à travers ma philosophie ? Le Cri que je pousse, pour mon compte, en philosophie et que j’essaie d’appliquer, dans mes recherches en peinture c’est bien celui-ci : je vais le faire à la manière de Gilles Deleuze, mimétisme d’admiration et d’influence oblige:  » Vous ne pouvez pas nier que dans la vie, … que La Vie même n’est que Rencontre ( s ) . Vous ne pouvez pas nier que la vie c’est La RENCONTRE…La Rencontre des choses, des objets, de l’ Autre, des évènements, du Monde, … Et jusqu’à La Rencontre de la Mort même. Vous ne pouvez pas nier celà. Tout est RENCONTRE(S)… Sans La Rencontre point de Vie. On ne fait que rencontrer de notre naissance qui est, elle-même, une première Rencontre à celle Fatale de notre fin de vie, à savoir La Mort.  Et que chaque RENCONTRE, nous affecte, et nous donne à penser, c’est-à-dire, que chaque RENCONTRE, nous affecte au point de nous questionner sur ce que nous venons de rencontrer, où de cette rencontre même, … C’est celà qui nous donne à penser… Pour penser, il faut rencontrer. Il nous faut La Rencontre… même d’un simple événement. La Rencontre ! La Rencontre ! La Rencontre !  »

 

C’est celà mon Cri philosophique, jalonnant mon Image philosophie.

 

Fait à Berrouaghia, le 18 juillet 2024

 

Hab le hibou

 

TIRE DU BLOG : Le Déjà-Là et Le Pas-Encore

samedi 14 décembre 2019

https://rencontrehablehibou.blogspot.com/

INTRODUCTION

 

INTRODUCTION

Ma rencontre avec le philosophe Gilles Deleuze (1), fut déterminante pour l’écriture de ce livre. C’était une rencontre spirituelle; où mon esprit avait affaire avec le sien, à travers la virtualité de ses cours, actualisés par leurs mise en ligne sur Internet (2). Deleuze m’avait ouvert les portes de la pensée.

Dès que j’avais entendu sa voix, quelques choses en lui m’avait parlé. Je fus ému pendant plusieurs jours. La limpidité de ses explications coule de source, et ses concepts ont toujours l’éclat des diamants. Non seulement il avait éveillé en moi une grande clarté philosophique, mais il m’inspire énormément, et me donne à penser; celà a définitivement déterminé le sens de mon cheminement artistico-philosophique.

La première chose qui m’avait interpellé chez lui, est cette manière originale de lecture philosophique qu’il avait, et qui n’est pas, comme le souligne si bien le philosophe Machael CREVOISIER (3), le moment de jugement, mais une manière de vous brancher sur le flux de la pensée. Ce qui a également stimulé mon esprit, c’est que Gilles Deleuze ne considérait jamais les concepts des autres philosophes comme dépassés (4) , encore moins les débats philosophiques comme pertinents; mais que l’essentiel pour lui, était de penser; c’est-à-dire de bien poser les problèmes et de créer les concepts. D’ailleurs, il recommandait souvent à ses élèves, de prendre les concepts dont ils auraient besoins, et de les recharger pour en constituer leurs pensées. Comme il refusait aussi bien, l’idée de disciple (5) . Il avait également, une façon originale d’approcher et de définir la philosophie. Pour lui, la philosophie empiriste moderne , n’est plus; un abstrait qui sert à expliquer, mais plutôt; l’abstrait à explique, à cartographier (6).

 Dans cette même perspective, Il pratiquait dans sa démarche philosophique, aussi bien une histoire, qu’une géographie, voir une géologie et même une archéologie de la philosophie. Je me retrouve, ainsi, logiquement en lui; parce qu’il utilise dans ces cours, un langage géographico-géologique qui me parle bien, tout en m’expliquant la philosophie. Comme professeur, il irradiait d’une grande fraîcheur philosophique sa pédagogie qui me rendait limpide, des notions que je n’arrivais pas à comprendre auparavant. Voilà mon affaire avec Gilles Deleuze!

En fréquentant ses cours, je m’aperçu qu’il s’en servait non pas simplement, pour vous transmettre des connaissances, mais également et surtout, comme une sorte de laboratoire de recherche, où Le Philosophe et en même temps Le Professeur Deleuze vous embarque à travers sa pensée, à partager avec lui, le moment privilégié où vous vous retrouviez, tous deux, à la pointe de L’Inspiration. C’est celà la limpidité! Gilles Deleuze me donne toujours à penser, dans un grand moment philosophique d’inspiration.

 Pour la première fois de ma vie, j’avais enfin rencontré, un philosophe qui faisait cours tout l’ année où presque, sur la peinture. Splendide! Je fus encore plus surpris, par ces cours sur le cinéma, par exemple, où sur les machines de guerre, où les faussaires. Rien, chez Gilles Deleuze n’était  » comme d’habitude  » en philosophie. Parfait! Je n’en demandais pas plus, pour changer de ligne d’horizon et entrer dans un autre agencement. Je pris conscience aussi, que mon travail artistique, était très proche de sa philosophie, et que celle-ci, à mon grand étonnement, venait expliquer mon travail. Le cri, par exemple que je traitais artistiquement déjà, a travers mes selfies polaroid sur Instagram, était un cri philosophique dont je ne soupçonnais pas l’existence, ni l’ampleur. Encore moins les affects, les percepts où les concepts, que je représentais, à travers mes sites et blogs artistiques. Ainsi, je me rendais compte, avec Gilles Deleuze, que je faisais aussi bien de la peinture numérique, c’est-à-dire de l’art, que de la philosophie. Celà a déterminé plus clairement et définitivement, mon engagement vis-à-vis des deux.

Aujourd’hui, j’assume mon nouvel horizon artistico-philosophique. Je suis un artiste et un philosophe atypique; un artiste-philosophe, où un philosophe-artiste, comme il vous plaira. Un philosophe certes, mais clandestin qui pratique une philosophie transversale, en prenant des libertés et des tangentes aussi bien dans mes approches, que dans ma méthodologie. Voilà grosso modo, pourquoi je suis atypique.

 Avec Deleuze, j’ai appris à tirer la cartographie des lignes de fuites de mon agencement; à savoir par exemple, tempérer mon impatience, en procédant avec une certaine vitesse où lenteur spinozienne (7), exigée par le corps; à chasser mon indifférence, vis-à-vis de la multiplicité des concepts; à ne pas prendre pour  » Donné » ce qui ne l’est pas; à traiter de l’immanence du plan, et peu regarder à la transcendance; à me méfier de la psychanalyse (8) ; à chercher où se trouve le problème, pour bien le poser, au lieu de me noyer dans de vaines discussions; à forger mon intuition pour penser, et me reterritorialiser idéalement. Et enfin, surtout, surtout, à me placer à la pointe de mon ignorance (9), pour construire la geste des concepts, et ce afin de dire quelques choses à l’Autre dans notre rencontre.

(1) Ma première rencontre avec le philosophe Gilles Deleuze fut à travers la vidéo sur YouTube de sa fameuse conférence : « Qu’est-ce que l’acte de création?» du 17 mars 2017 donnée aux «Mardis de la Fondation».Voir Channel QUEPEA sur www.YouTube.com

 (2) Cours de Gilles Deleuze, mises par L’association Siècle Deleuzien, que je remercie vivement de L’Université de Vincennes-Saint-Denis de Paris VIII. Ses cours sont actuellement accessibles. http://www2.univ-paris8.fr/deleuze/

 (3) « La lecture philosophique n’est pas pour Deleuze, le moment du jugement, mais l’exploration d’une machine dans laquelle, il cherche les moyens de se brancher afin de bénéficier de puissance, c’est-à-dire de ce qu’elle donne à penser.» fin de citation. site : PHILOSOPHIQUE (A.L.U.F.C) Article de Michaël CREVOISIER : «RÉFLEXION ET EXPÉRIMENATION DELEUZE LECTEUR DE KANT» paragraphe 1 https://journals.openedition.org/philosophique/931

 (4) « On est jamais dépassé dans ce que l’ont crée. On est dépassé dans ce que l’ont ne crée pas.»(10) disait-il. Cours de Gilles Deleuze en ligne sur YouTube du site SOCIOPHILOSOPHY, sur Leipzig, séance 5, du 20 mai 1980. et mise en ligne le 09/11/2011 .

 (5) « Faire comme lui (le philosophe) c’est pas être disciple, c’est plutôt prolonger sa tâche, créer des concepts dans son prolongement, en rapport avec ce qu’il crée.» déclare Gilles Deleuze dans « L’Abécédaire de Gilles Deleuze » téléfilm français produit par Pierre-André BOUTANG et réalisé par Michel PAMART, tourné en 1988 et 1989, avec l’interview de Claire PARNET.

 (6) Voir Cours sur Leibniz et le baroque, de Gilles Deleuze, accessibles uniquement sur le sire de BNF GALLICA.

(7) Voir premier cours de Gilles Deleuze, sur Spinoza. Channel : SOCIOPHILOSOPHY sur YouTube.

 (8) « En d’autres termes, si l’économie politique bourgeoise au XIXème siècle a dégagé réellement l’axiomatique du capitalisme, la psychanalyse est l’application, et l’application nécessaire et inévitable de cette axiomatique là. La psychanalyse c’est l’application de l’axiomatique qui correspond à l’économie politique du capitalisme.» cours du 18/04/1972 de Gilles Deleuze « Marx-Freud Le capitalisme Axiomatique-despotisme» sur le site WEBDELEUZE Lien: https://www.webdeleuze.com/sommaire

 (9) « Il faut toujours s’installer à la pointe de son ignorance…pour avoir quelques choses à dire.» disait Deleuze dans « L’Abécédaire » chapitre Neurologie, voir note (5) pour les références. .

LES SINGULARITES

lundi 16 décembre 2019

LES SINGULARITÉS

 

  PREMIÈRE PARTIE

 LES SINGULARITES

« Penser c’est émettre des singularités…», disait Gilles Deleuze (10). Partant de cette phrase, mon intuition me force, d’amasser d’ infimes mixtures, en sautant de singularité en singularité, et ce afin de dégager, à mon compte, l’accumulation des concepts (11).

 C’est-à -dire que ces infimes mixtures pour l’instant inassignables, sont la multiplicité de mon intuition, qui elle, me force – car pour moi, aller de singularité en singularité, c’est être  » forcer » par notre intuition, de sauter par bonds successifs – à amasser en sautant de singularité en singularité, afin de dégager l’accumulation des concepts. C’est celà émettre des singularités.

 Mon intuition est fait d’une multiplicité de ces infimes mixtures, appellons les intuicepts. Elles sont évanescentes et confuses et ne se dégagent que par accumulation sous forme de concepts. Et c’est parce qu’elles sont évanescentes et confuses qu’il va falloir les cerner dans un premier temps, ensuite les fixer, puis les dégager à la pointe des singularités. C’est le triple travail de la pensée. Les pointes de singularités permettent ainsi de les isolées, l’espace d’un éclair, et c’est celà qui rend le travail facile à la pensée, dans l’accomplissent de ses sauts. 

Les concepts sont une multiplicité de ces intuicepts, difficiles d’approche, et dont seul le saut de la pensée d’une singularité à l’autre permet dans un second temps, de les accumuler en concepts. Ce saut se déroule lui-même dans l’ordre de ces trois opérations ; à savoir cerner, fixer puis dégager, tout en amassant. On ne peut pas dégager ces intuicepts, afin de les amasser, sans les fixer d’abord, même provisoirement, même maladroitement, ensuite, on ne peut les fixer sans les cerner, non plus. 

Ainsi la pensée, partant d’une intuition faîte d’une multiplicité d’infimes mixtures où intuicepts, est forcée d’émettre des singularités, afin de pouvoir mieux isoler ces intuicepts. Ensuite sauter au dessus de ces singularités, pour faire son triple travaille, à savoir cerner, fixer et dégager ces mixtures, une à une, et ce toute en les amassant au cours de ses sauts. Finalement, ces intuicepts sont accumulés et dégager dans un dernier temps, sous forme de concepts claires et bien distincts. C’est là le parcours de la pensée. Elle est toujours forcée, car on est jamais maître de sa pensée, parce que derrière elle, l’intuition nous force à penser. Elle nous force dans le déclenchement même de la vitesse inassignable de la pensée, qui elle, se met à émettre ses singularités. Penser c’est donc, émettre des singularités, afin de pouvoir dégager les concepts, c’est-à-dire aller de l’intuicept au concept, par des singularités.


 ( 10) « Penser c’est émettre des singularités, et non dégager le nécessaire et l’universel.» disait Gilles Deleuze dans son cours sur «Leibniz et le baroque » première leçon disque 02 , du 28 avril 1987. Disponible à la BNF sur le site GALLICA.